Pourquoi je suis très attachée à l’argentique

15 avril 2025

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de le constater par vous-mêmes au détour d’un blog, d’un réseau social ou en observant votre entourage, mais la photographie argentique connaît un regain d’intérêt depuis quelques années (aussi bien chez les photographes amateurs que professionnels). J’avais, sur mon blog personnel, raconté mes deux premières années avec ce medium assez imprévisible.

À l’ère du numérique et des smartphones qui embarquent un appareil toujours à portée de main, un tel attrait pour l’argentique a toutes les raisons d’interroger. Est-ce par nostalgie, pour son esthétique unique… ? Je vous donne les raisons personnelles qui me font m’intéresser autant à l’argentique depuis que je m’y suis mise, début 2020. Je tiens à cette pratique au point de n’imprimer plus que des albums avec mes photos argentiques et d’avoir même déniché un compact 35 mm pour m’assurer d’avoir le plus souvent possible un appareil avec moi…

Mon histoire avec l’argentique

“Petit” disclaimer avant de rentrer dans le vif du sujet : je suis de la génération qui n’a connu que l’argentique jusqu’à l’adolescence (même si ce n’était pas moi qui était en charge des souvenirs à l’époque) et qui s’est appropriée facilement le numérique pour accumuler un maximum de souvenirs.

Si je n’ai eu mon propre compact numérique que vers mes 18 ans, mais ado je me souviens avoir pas mal utilisé l’appareil de mon téléphone portable. Il avait une résolution de 600×400 pixels seulement, mais ça m’a permis de garder tout de même facilement une trace de mon quotidien de lycéenne puisque je l’avais tout le temps avec moi.

J’ai eu ensuite mon premier reflex en 2012 puis mon premier hybride en 2015…. jusqu’à ce petit relent nostalgique qui me trottait depuis un moment dans la tête (parallèlement à mon intérêt pour les vinyles) et qui s’est concrétisé en 2020 lorsque je me suis retrouvée sans le vouloir face à un appareil argentique au détour d’un magasin d’occasions, quelques jours à peine avant de partir en Colombie. Étrenné si rapidement et dans un tel contexte, et malgré quelques aléas au départ (que je raconte ici), ce bel objet a été rapidement la source d’une nouvelle grande passion ! Mais si je réfléchis un peu : à quoi tient-il, au fond, cet intérêt pour l’argentique ?

reportage photo argentique montpellier

Une esthétique incomparable

L’un des premiers arguments en faveur de l’argentique qu’on lit souvent et pour lequel je ne serai absolument pas originale : j’adore son rendu esthétique ! Les pellicules offrent aux photos une réelle profondeur des couleurs ainsi qu’une qualité de traitement de la lumière particulière qu’il est compliqué (voire impossible) de reproduire au numérique. C’est d’ailleurs ce rendu qui m’a fait détester petit à petit l’ultra netteté du numérique et tenter de revenir à un peu plus de douceur (même si j’ai conscience que travailler les couleurs et ajouter un peu de grain comme je le fais reste le fruit d’une inspiration, pas le résultat d’une imitation fidèle de l’argentique).

Il faut dire qu’il n’y a pas une colorimétrie argentique typique mais plusieurs, puisque chaque pellicule a sa signature : certaines apportent des tons assez pastel et une douceur unique (les Portra par exemple), d’autres sont connues pour leur rendu très chaleureux (Kodak Gold 200) ou au contraire un peu plus froid (les Fuji). D’autres sont encensées pour leur saturation qui met en valeur n’importe quel paysage (Ektar 100), quand d’autres encore permettent d’expérimenter et obtenir des résultats assez loufoques (je pense notamment aux pellicules Lomochrome Purple, Redscale et Turquoise).

En tant que photographe, le rendu si spécial de l’argentique me permet d’offrir la possibilité, dans un reportage qui fait appel aussi à cette pratique, d’apporter naturellement une touche intemporelle à certaines images, loin de la perfection parfois trop lisse du numérique et avec un rendu colorimétrique qui, forcément, traversera sans peine les époques (puisqu’il l’a déjà fait !).

Évidemment, je ne retouche que très peu mes photos argentiques (à peu près ce qu’il était possible de faire déjà à l’époque où les clichés étaient tirés en chambre noire) : luminosité et contraste, voire recadrage et réalignement léger si nécessaire.

séance photo argentique montpellier

Une approche plus réfléchie de la photographie

Avec l’instantanéité du numérique et la faculté de ne plus être (vraiment) limité du point de vue du déclenchement, on peut avoir tendance à multiplier les prises de vues ou à opter pour la rafale pour “assurer une prise”. Au contraire, que l’on opte pour une pellicule 24 ou 36 poses (voire même 12 pour les plus anciennes en 24×26 et parfois encore moins pour le moyen format), l’argentique a un coût à la photo tellement élevé qu’il impose une rigueur et une réflexion avant chaque prise de vue. Cadrage, mouvement, lumière : chaque déclenchement doit être pensé minutieusement !

Ce processus plus lent amène une forme de connexion plus profonde avec le sujet, quel que soit le contexte (en mariage, pendant une séance couple ou famille ou bien le temps d’une simple promenade photographique). Il me semble que l’argentique m’aide à capter des moments plus authentiques, où chaque cliché compte vraiment. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de proposer cette option pour mes reportages mariage et mes séances, et que j’ouvre désormais la possibilité de séances 100% argentiques !

photographe argentique montpellier

Une expérience sensorielle unique

Autre particularité de l’argentique, l’expérience ne se limite pas à l’image finale. C’est en quelque sorte un véritable rituel : choisir une pellicule en fonction de la colorimétrie recherchée, l’insérer dans le boîtier, régler les ASA (ISO actuels) pour toute une pellicule (et non pour une photo ou série de photo précise pendant la séance), prendre davantage le temps de shooter tout en s’évertuant de conserver spontanéité et réactivité, entendre le bruit de l’avancement du film puis du déclencheur mécanique, rembobiner puis retirer la pellicule, patienter avant d’avoir le résultat (en totale opposition avec l’immédiateté du numérique et de globalement à peu près tout désormais dans notre quotidien)…

Cette petite musique, de même que les gestes qui la composent, invite naturellement à savourer chaque étape : c’est clairement un univers expérientiel à part entière, dont j’aurais bien du mal à me passer aujourd’hui.

séance photo argentique (16)
séance grossesse argentique
séance photo famille argentique
reportage photo argentique montpellier
séance photo famille argentique
photographe argentique montpellier
1 6

Pour conclure cette petite réflexion du jour, je dirais que la photographie argentique s’est imposée ces dernières années dans ma vie comme un choix s’aventurant bien au-delà de simples considérations esthétiques. J’y vois réellement un prétexte pour ralentir dans ma pratique photographique et redonner de la valeur à chaque image. Étrangement d’ailleurs, j’ai fini par réaliser que lorsque je rentrais de voyage/week-end quelque part, je préférais systématiquement les quelques photos réalisées à l’argentique que la quantité photographiée au numérique (et ce, depuis ce fameux voyage en Colombie que j’évoquais plus haut, qui m’a en quelque sorte mis le pied à l’étrier). Il n’est pas rare désormais que je m’aventure quelque part avec seulement un appareil argentique (voire deux, si je veux aussi du noir et blanc).

Comme moi, certain·e·s de mes client·e·s sont né·e·s à l’époque de l’argentique et l’ont donc un peu connue avant de céder aux sirènes du numérique (a minima à travers les albums photo des parents) ; d’autres, bien plus jeunes, sont comme nostalgiques d’une période qu’iels n’ont pas vécue. Il faut dire que dans un monde où tout va de plus en plus vite, quoi de plus naturel au fond que de se tourner vers une pratique à la fois plus authentique et durable ? J’ai finalement vécu la même chose avec le “retour” à l’écoute de musique sur vinyle (moi qui suis née en plein avènement du CD) et l’écriture au stylo plume (pour le coup réellement pratiquée à l’école avant de l’abandonner à la fin du collège).

Si cet article vous a simplement donné envie de voir davantage de photos argentiques, je vous invite à jeter un œil à mon portfolio ou bien à mon blog personnel. Et si c’est plutôt un reportage photo argentique qui vous tente, rendez-vous ici !

{article mis à jour en août 2026}

fanny poesie boheme

à propos

en savoir plus

Fanny DUPUIS

photographe mariage & maternité à Montpellier,

en Provence et partout en France